La mémoire ailleurs que dans le cerveau?

Planaires

Ils sont petits – moins de 1 cm -, plutôt pas très beaux, mais vraiment très étranges: si on leur coupe la tête, celle-ci repousse. Et non seulement leur tête repousse, mais il semblerait qu’avec elle, leur mémoire, elle aussi, “repousse”! Ils ? Ce sont des petits vers, des planaires, qui possèdent une particularité : leurs corps entier peut repousser à partir d’un tout petit morceau de leur organisme. Il se régénère, un peu comme la queue d’un lézard, mais pour tout l’individu.

Cette découverte extraordinaire est le résultat d’une étude menée par une équipe américaine de chercheurs, publiée, le 2 juillet dans le Journal of Experimental Biology. Comment les souvenirs ont-ils pu être conservé, sans la tête et son cerveau ? Pour, Michael Levin, un des auteurs de cette étude,  “nous n’avons pas la réponse à cette question. Ce dont nous apportons la preuve, c’est que, de manière remarquable, la mémoire semble être conservée en dehors du cerveau.” L’article évoque l’idée que le savoir, né de l’entraînement, a réussi à “s’imprimer” dans les cellules souches à partir desquelles le planaire va reconstruire sa partie amputée… et notamment les neurones du cerveau. Un peu comme si le cerveau tout neuf démarrait à partir d’une sauvegarde cellulaire. Ce qui pose la question de la programmation de la mémoire quelque part dans les cellules, et pourquoi pas dans le code génétique ? Si c’était le cas, ce serait une grande consécration pour les théories psychologiques de la transmission trans générationnelle des histoires familiales.

Certains diront que ce n’est pas une info, que déjà, en 1959, un chercheur dénommé James McConnell, avait mis le doigt sur cette incroyable découverte. Si incroyable, d’ailleurs, et si difficile à reproduire, que toute recherche fut abandonnée dans les dix ans qui suivirent. Et le sujet considéré comme farfelu… Ce qui rend encore plus remarquable le travail de ces chercheurs américains.