Traits de personnalité antisociale.

AVERTISSEMENT: Les traits de personnalité désignent des modalités durables « d’entrer en relation avec », de percevoir et de penser son environnement et soi-même, qui se manifestent dans un large éventail de situations sociales et professionnelles. Ces « traits » ne constituent des « troubles » que lorsqu’ils sont rigides et inadaptés et qu’ils causent une souffrance subjective ou une altération significative du fonctionnement. La caractéristique essentielle d’un trouble est d’être une modalité durable de l’expérience vécue et des conduites qui dévie notablement de ce qui est attendu dans la culture de l’individu et qui se manifeste dans au moins deux des domaines suivants : la cognition, l’affectivité, le fonctionnement interpersonnel ou le contrôle des impulsions. Ces modalités durables sont rigides et envahissent une large gamme de situations personnelles et sociales ; elles causent une souffrance cliniquement significative ou une altération du fonctionnement social, professionnel ou dansNB: l’intégralité des définition ci-dessous provient des pages du DSM 4, l’une des références pour les praticiens en psychologie clinique.

La caractéristique essentielle de la Personnalité antisociale est un mode général de mépris et de transgression des droits d’autrui qui apparaît dans l’enfance ou au début de l’adolescence et qui se poursuit à l’âge adulte.

Ce tableau a aussi été nommé psychopathie, sociopathie ou personnalité dyssociale. Comme la tromperie et la manipulation sont au centre de la Personnalité antisociale, il peut être très utile de confronter l’information obtenue par un examen systématique du patient avec celle qui provient de sources extérieures. Ce diagnostic ne peut être porté que si le patient a 18 ans ou plus et a déjà présenté avant l’âge de 15 ans au moins quelques symptômes de Trouble des conduites.

Le Trouble des conduites implique un mode de comportement répété et persistant où les droits fondamentaux d’autrui et les principales règles sociales qui s’appliquent à cet âge-là sont bafouées. Les comportements spécifiques qui sont caractéristiques du Trouble des conduites peuvent être de quatre types : des agressions envers des personnes ou des animaux, la destruction de biens, des fraudes ou des vols ou des infractions graves aux règlements.

Ce mode de comportement antisocial se poursuit à l’âge adulte. Ces individus ne parviennent pas à se conformer aux normes sociales qui déterminent les comportements légaux. Ils peuvent accomplir de manière répétée des actes qui sont passibles d’arrestation (qu’ils soient effectivement arrêtés ou non), par exemple détruire des biens, agresser d’autres personnes, voler ou se livrer à des activités illégales. Ils ne tiennent pas compte des souhaits, des droits ou des sentiments d’autrui. Ils trompent et manipulent facilement pour leur profit ou leur plaisir (p. ex., pour obtenir de l’argent, du pouvoir ou des relations sexuelles). Ils peuvent, de manière répétée, mentir, utiliser de fausses identités, faire des escroqueries ou simuler des maladies.

L’impulsivité peut se manifester par une incapacité à planifier à l’avance. Les décisions sont prises sur le moment, sans réfléchir et sans considérer les conséquences pour soi-même ou pour autrui. Cela peut aboutir à des changements soudains de travail, d’habitation ou de relations.

Les sujets qui ont une Personnalité antisociale ont tendance à être irritables et agressifs et peuvent se retrouver souvent impliqués dans des bagarres ou attaquer physiquement autrui (et notamment battre leur conjoint ou leur enfant). On ne prend pas en compte ici les actes agressifs accomplis dans un but d’autodéfense ou pour défendre autrui. Ces individus peuvent faire preuve d’un mépris inconsidéré pour leur sécurité ou celle des autres. Cela peut se manifester dans leur conduite automobile (excès de vitesse répétés, conduite en état d’ivresse, accidents nombreux). Ils peuvent s’aventurer dans des conduites sexuelles ou toxicomaniaques à haut risque. Ils peuvent négliger un enfant à charge ou le mettre en danger en ne lui apportant pas les soins et l’attention nécessaires.

Ces sujets ont tendance, d’une façon très profonde, à être en permanence extrêmement irresponsables. Un comportement irresponsable au travail peut se traduire par des périodes prolongées d’inactivité malgré la disponibilité d’emplois ou par l’abandon de plusieurs emplois sans avoir de plans réalistes pour trouver autre chose. Il peut y avoir un mode de comportement fait d’absences répétées au travail qui ne sont pas expliquées par des maladies du sujet ou de sa famille. Une attitude irresponsable en matière financière peut se manifester par le fait de ne pas honorer ses dettes, de ne pas subvenir aux besoins d’un enfant ou de ne pas pourvoir régulièrement à la subsistance des personnes à sa charge.

Ces individus n’ont pas de remords pour les conséquences de leurs actes. Ils peuvent se montrer indifférents, ou fournir des rationalisations superficielles, quand ils ont blessé, maltraité ou volé quelqu’un (p. ex., « la vie est injuste », « les perdants l’ont mérité », « ça devait de toute façon lui arriver »). Ils peuvent accuser leurs victimes d’avoir été stupides, de ne pas savoir se débrouiller ou de mériter leur sort. Ils peuvent minimiser les conséquences nuisibles de leurs actes ou rester tout simplement complètement indifférents. Ils ne parviennent généralement pas à s’excuser ou à réparer leur comportement. Ils peuvent penser que chacun se bat pour ses propres intérêts et que tout est bon pour ne pas se laisser marcher sur les pieds. Haut de page

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